Les chiffres de la Banque de France publiés en septembre 2026 confirment une tendance que beaucoup de dirigeants ressentent : les défaillances d'entreprises restent à un niveau élevé. Voici ce que disent les données, et surtout ce qu'elles impliquent pour une PME de 1 à 20 M€ de chiffre d'affaires.
En bref : 70 605 défaillances sur 12 mois à fin juillet 2026, en hausse de 4,6 % sur un an et 19 % au-dessus de la moyenne 2010-2019. L'hébergement-restauration, la santé et l'action sociale, et les services aux entreprises progressent le plus. Pour une PME, le risque n'est pas seulement sa propre défaillance : c'est aussi celle de ses clients.
Les chiffres clés
| Indicateur (12 mois glissants à fin juillet 2026) | Valeur |
|---|---|
| Défaillances d'entreprises | 70 605 |
| Évolution sur un an | +4,6 % |
| Écart avec la moyenne 2010-2019 | +19,0 % |
| dont microentreprises | 64 937 |
| dont très petites entreprises | 3 499 |
| dont petites entreprises | 1 576 |
| dont moyennes entreprises | 532 |
| dont ETI et grandes entreprises | 61 |
Source : Banque de France, défaillances d'entreprises, juillet 2026, publié le 4 septembre 2026.
La Banque de France parle de stabilisation dans la plupart des secteurs et des tailles d'entreprise, mais à un niveau élevé. Plusieurs secteurs progressent nettement sur un an : hébergement et restauration (+7,4 %), santé et action sociale (+12,4 %), services aux entreprises (+9,2 %).
Ce que ces chiffres ne disent pas
Une défaillance, au sens statistique, c'est l'ouverture d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire. Autrement dit, les chiffres ne comptent pas :
- les entreprises qui ont traité leurs difficultés en mandat ad hoc ou en conciliation, de manière confidentielle ;
- celles qui ont ouvert une sauvegarde avant la cessation des paiements ;
- toutes celles qui se sont redressées seules, en agissant tôt.
C'est une bonne nouvelle : la plupart des difficultés se traitent avant de devenir une défaillance, à condition d'être repérées à temps.
Ce que cela implique pour une PME
1. Surveiller ses propres signaux faibles
Les défaillances ne surgissent presque jamais sans signe avant-coureur. Marge brute en baisse deux trimestres de suite, découvert devenu permanent, échéances fiscales ou sociales reportées, capitaux propres sous la moitié du capital : ces signaux se lisent dans vos chiffres des mois avant la crise. Nous avons listé les 10 indicateurs à suivre.
2. Surveiller ses clients
Dans un contexte de défaillances élevées, le risque le plus sous-estimé est l'impayé d'un client qui dépose le bilan. Quelques réflexes :
- vérifier régulièrement les annonces légales de vos principaux clients (BODACC) ;
- plafonner l'encours par client et exiger des acomptes au-delà ;
- souscrire ou réviser une assurance-crédit si un client pèse plus de 10 à 15 % de votre chiffre d'affaires.
3. Sécuriser sa trésorerie avant d'en avoir besoin
Les banques et les assureurs-crédit deviennent plus sélectifs quand les défaillances montent. Négocier une ligne de trésorerie ou un étalement est beaucoup plus facile avec des comptes encore sains et un prévisionnel solide. Voir nos 12 actions pour une trésorerie tendue.
Défaillance, sauvegarde, procédure amiable : de quoi parle-t-on ?
| Situation | Ce que c'est | Comptée dans les défaillances ? | Publique ? |
|---|---|---|---|
| Mandat ad hoc | Négociation confidentielle avec un mandataire désigné par le tribunal | Non | Non |
| Conciliation | Négociation encadrée, 4 à 5 mois | Non | Non, sauf homologation |
| Sauvegarde | Protection judiciaire avant la cessation des paiements | Non | Oui |
| Redressement judiciaire | Procédure en cessation des paiements, pour tenter de poursuivre l'activité | Oui | Oui |
| Liquidation judiciaire | Arrêt de l'activité et vente des actifs | Oui | Oui |
La lecture est simple : plus une entreprise agit tôt, plus elle reste à gauche de ce tableau, avec des options confidentielles et un dirigeant aux commandes.
Les signaux sectoriels à surveiller
Si vous travaillez avec des clients dans les secteurs où les défaillances progressent le plus (hébergement-restauration, santé et action sociale, services aux entreprises), redoublez de vigilance sur les encours. Un seul impayé important peut suffire à mettre une PME saine en tension. La même vigilance vaut pour vos fournisseurs critiques : la défaillance d'un fournisseur unique peut arrêter votre production.
Notre lecture
Le niveau élevé des défaillances ne signifie pas que toutes les PME vont mal. Il signifie que l'écart se creuse entre les entreprises qui pilotent leur marge et leur cash au mois le mois, et celles qui découvrent leurs difficultés au bilan. C'est pour les secondes que nous avons conçu notre Diagnostic Stratégique : quelques jours, un prix fixe, et une vision claire de ce qu'il faut corriger.
Cet article est mis à jour chaque mois avec les derniers chiffres publiés par la Banque de France.
